Gabriel Angelo CAMPANOZZI

Le professeur !

Souvent on voit écrit un CV comme de simples lignes tracées en colonnes et sans réel intérêt !
Pour ma part, je vais vous l’écrire comme un récit, un texte, une biographie tels que les mots me le chanteront à l’oreille pour vous le transcrire. 
A vous de me lire, ou pas, car chacun d’entre nous a le pouvoir de dire non !

J’ai eu la chance de voir le jour au cœur même de l’été, un 20 juillet 1959, dans une très belle ville de Lorraine : Metz
Plus encore, derrière son extraordinaire cathédrale gothique érigée en l’an 1550, rue du vivier, au 3e et dernier étage d’une maison vétuste et humide.
Le plus fou est qu’à quelques pas de là, se trouve l’école des beaux-arts avec sa galerie d’exposition dont les murs sont recouverts du travail de ses élèves donnant sur l’esplanade, celle-là même où ma mère y passait devant chaque jour de beaux temps avec moi dans la poussette.

Mes premiers pas, je les faisais une main collée sur la vitrine et mon esprit enregistrait déjà cet art abstrait de l’année 60 sans que je ne m’en rende compte.
 

Vers l’âge de 5 ans, je me promenais avec mon frère à peine plus vieux que moi sur le parvis de la cathédrale pour y attraper les pigeons. Tandis que mon frère s’épuisait inlassablement à la course, je restais planté à côté d’un jeune homme, assis par terre, fusain et feuille blanche sur les genoux, occupé à reproduire les sculptures saintes et autres gargouilles qui offraient aux passants leurs hideuses postures pourtant si vivantes et intrigantes. C’était, semble-t-il, pour effrayer le diable lui-même pour ne pas qu’il vienne troubler les prières des pieux. Je m’émerveillais à reconnaître ce que reproduisait l’étudiant de l’école voisine. Mes yeux se promenaient de la feuille à la façade sculptée. Bavard, j’exprimais ma joie sortant alors des ragots presque incompréhensibles déconcentrant du même coup l’apprenti artiste qui m’ordonnait de m’assoir, et m’offrant alors ma première feuille et un crayon « Caran d’Ache N°9. » pour me rendre au silence et à la méditation. Un courant électrique parcourrait mon corps, me liant à jamais à ce qui devait donner un sens même à ma vie future, l’art ! Un an plus tard, mon père décida de changer de quartier, je dirais même de ville pour celle de Montigny-lès-Metz. S’en fût alors terminé pour moi les gribouillis qui finissaient doucement par prendre forment et ressembler à des « adonis » qui parfois étonnaient mon entourage, allant même un jour par me donner un zéro monumental à un devoir du soir rendu à l’école. Mon « maître » nous avait demandé de dessiner à la maison un fond marin. Nous étudions alors les poissons. J’avais pour ma part dessiné un requin avec des algues, des étoiles de mer et quelques coquillages ou j’en avais vu les reproductions dans le dictionnaire Larousse. J’y apportais un zèle particulier et donnais des couleurs pour en faire vibrer les reliefs. Persuadé que quelqu’un d’autre l’avait fait à ma place, il tira un grand trait au travers de mon œuvre, y nota un zéro gigantesque et soulignait à l’encre rouge avec comme punition, écrire 50 lignes : Je ne dois pas tricher. Ce fut pour moi le plus beau des cadeaux et la plus extraordinaire critique que je n’ai eu jusqu’à ce jour !

L’année 1972 était pour moi celle de l’apprentissage et de la découverte du sexe opposé. Charmant au possible une belle demoiselle, elle accepta que je la raccompagne jusque devant la porte de chez elle et en tout bien, tout honneur, prétendait-elle. Par chance, elle habitait à peine deux rues plus loin de chez moi, et cela devait changer ma vie. Non pas sur le sexe, mais sur le sens que j'allais lui donner. . .

Sur le parvis de sa porte, une plaque en cuivre attira mon attention : 

« Solange Bertrand Artiste peintre »

La fille n’avait plus le moindre intérêt pour moi, seule la phrase Artiste peintre me fît vibrer.

Quand elle ouvrit la porte d’entrée, mon regard ne décrochait plus des murs du hall recouvert des tableaux de l’artiste. Des personnages aux formes arrondies, découpées, tranchées parfois mais le tout en harmonie picturale et chromatique. Je découvrais sans le savoir, le cubisme. Solange descendit les escaliers telle une star et s’étonna de voir un petit bonhomme de 13 ans à peine, s’émouvoir devant ses œuvres.

Elle me prit en joie et me fit visiter son atelier installé sous une énorme verrière à la place du toit. Elle travaillait sur sa sculpture qui orne aujourd’hui la place de la mairie : « L’homme du 3e millénaire » Je devenais alors son premier et resterais, son unique élève.Aujourd’hui disparue, je dois à Solange le bonheur de m’avoir aimé.J’étais pour elle son petit Gaby, et pour ses toiles : « Le jeune garçon à la trompette, mais aussi celui à la flûte, le diablotin et bien d’autres que je ne saurais plus citer.  Je fréquentais son atelier jusqu’à l’âge de seize ans. Elle marqua mon intérêt pour la peinture au « fer rouge. » Solange me donna mes premières émotions d’un pinceau et d’une huile glissant sur une toile. Un lien se brisa à son départ pour Paris. Je n’abandonnais pas l’art pour autant. C’était alors le moment du savoir concernant l’histoire de l’art. Discussions assidues et partage d’émotions artistiques entre artistes de différents univers : Photographes, comédiens, musiciens, compositeurs et plasticiens. Le temps des expositions, des musées, des rencontres académiques et passion dévorante à l’achat et lecture de livres d’Art. Je voulais m’inscrire à l’académie des beaux-arts, mais l’argent manquant à la maison, mon père préférait m’envoyer travailler pour gagner quelques sous. Apprenti affréteur plutôt qu’artiste, je décidais avec mon maigre salaire de m’offrir des cours du soir à l’Académie les années 1977 et 1978. L’amour pour le sexe opposé fini par me tomber dessus en 1979 et décidais de me marier en 1981 avec Patricia qui partage ma vie pour mon plus grand bonheur encore aujourd’hui. J’abandonnais l’art pour une dizaine d’année jusqu’à ce qu’en 1989, j’achète une maison à Veymerange, bourgade accrochée à la ville de Thionville en Moselle. La peinture devait me rattraper très vite et Dieu y était, une fois encore, probablement pour quelque chose. A côté de l’église, un autre écriteau arrêta mon regard. Gilbert Lupfer, Artiste peintre AAL (Association des Artistes Libre)Ma passion pour l’art me reprit de plus belle. Ma rencontre avec Gilbert LUPFERT fut des plus riches pour mon art. Retour dans un atelier et apprentissage de toutes les techniques graphiques.Fusain, mine de plomb, pastels, aérographe et acrylique. Apprentissage de la matière : sculpture sur pierres, marbres, bois, terre et plâtre. Apprentissage de la lecture de l’espace ainsi que de l’équilibre de l’abstraction. J’avais les pieds sur terre et la tête dans les nuages. Je n’arrêtais plus de peindre et de sculpter.J’exposais un peu partout en France mais surtout au Luxembourg.Les grandes galeries ne m’ouvrirent jamais leurs portes, du moins, jusqu’à ce jour. Peut-être que cela changera, mais là n’est pas mon but.L’an 2000, j’exposais avec fierté salle Europa à Montigny-lès Metz. Une journaliste du journal local : le républicain Lorrain me questionna. A la question qui m’était posée : « -Que pensez-vous de l’Art Abstrait ? » Je répondais simplement : « -Ce n’est pas un retour au figuratif de nos Grands Maîtres, mais une nouvelle manière de représenter les choses au travers de laquelle naîtra une nouvelle vision, aussi difficile à concevoir pour le public, mais tout aussi facile quand elle sera assimilée, que l’est de nos jours la vision impressionniste. On ne peut renoncer à l’héritage du cubisme, et donc de l’abstrait. »Étant un Adepte Bouddhiste convaincu, je suis affilié à Dashang Kagyu Ling, Dharma du Temple aux milles Bouddhas, en Bourgogne, France.http://www.mille-bouddhas.com/Adepte également des Arts Martiaux et pratiquant de la méditation, du Gi-Kong et du Tai-chi Chuan, j’ai appris à ouvrir mon esprit vers l’univers ou l’Art pictural y tisse, si je puis le dire ainsi, sa toile. Si je vous ai exprimé cela, c’est pour vous faire partager à la fois, le Yin et le Yang de l’équilibre de mes sens profonds. En résumé, la peinture, l’art en général, est pour moi ce que pourrait être l’écriture pour d’autres. C’est mon univers profond et, peut-être par égoïsme, j’ai entrainé mon épouse au cœur des musées et divers expositions en tous genres. Il n’existe pas de vacances sans RDV Culturel. Mes enfants n’échappent pas à ce paradoxe résultant que mon fils aîné, Mikaël ressent la photographie, mon dernier Raphaël se passionne pour le dessin, quant à ma fille Jessica, elle a passé un Master en Ingénierie Culturelle à l’institut ICART de Paris Champs-Élysées.

Je n’ai d’autres termes pour vous décrire ma passion.

L'atelier GC 19, rue Offenbach 66250 Saint Laurent de la Salanque

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